Patrons, apprenez à piloter un avion !

Mon récent projet de passer la licence de pilote privé n’est pas étranger à cet article, et si je ne suis pas le premier à utiliser l’image de l’avion pour décrire le fonctionnement d’une entreprise, il est en pratique fascinant de voir combien l’enseignement du pilotage est bénéfique pour la conduite d’une entreprise.

Apprendre à faire – et à suivre – des check-lists

Tout est procédure : on ne décolle pas si le vent de travers est trop fort ou si un instrument est défaillant. Bien construites et bien appliquées, les check-lists sont des garde-fous pour le chef d’entreprise dans chacune de ses décisions de gestion ou encore un cadre permettant de déléguer avec moins de risque.

Avoir un tableau de bord bien pensé

Il doit être aussi pragmatique que possible, complet mais réduit à l’essentiel : le pilote a un circuit visuel simple, autour de 3 à 4 instruments, lui permettant de vérifier rapidement et régulièrement les paramètres du vol. Des alarmes doivent quant à elles prévenir des situations inhabituelles.

Pour le chef d’entreprise, ce sont les fameuses KPI qui doivent être mises en perspectives. Quelles sont celles qui lui donnent une véritable information sur la direction de son entreprise à court et moyen terme ? N’est-il pas perturbé par trop d’indicateurs ?

Garder un oeil critique sur les instruments

Les sondes qui givrent, la dérive due au vent, la déviation magnétique… le pilote est formé à remettre en question la fiabilité de ses instruments quand les données semblent incohérentes. Cette remise en question est tout aussi utile en entreprise ou certains indicateurs erronés peuvent cacher les vrais problèmes.

Demander un avis extérieur

Qu’en pense le contrôle aérien ? Vous êtes perdu ou tout simplement incertain quant à la décision à prendre : une aide extérieure, sollicitée au bon moment peut permettre d’éviter le pire, mais aussi d’avoir un regard neuf sur une situation.

Savoir renoncer à atteindre la destination prévue et se dérouter

Vous visiez New-York ? Mieux vaut s’arrêter à Reykjavik que finir au fond de l’océan : une leçon simple qui peut aider les dirigeants à prendre leurs pertes quand il est encore temps plutôt que mettre en danger leur entreprise toute entière.

Maintenir sa formation à niveau

Renouvellement des licences, vols avec instructeur après une longue période sans piloter, nouvelles certifications : le pilote continue sans cesse de se maintenir à niveau. La formation continue du chef d’entreprise semble également essentielle tant le paysage économique évolue.

Ne pas se décourager au premier atterrissage raté !

Je me souviens d’un touché à l’aérodrome de Dreux où j’ai un peu roulé en dehors de la piste avant de re-décoller : ça arrive, cela fait partie de l’enseignement. Être résilient, comprendre pourquoi le dernier atterrissage / la dernière action commerciale / sa dernière start-up n’a pas fonctionné est le passage obligé pour que le prochain soit meilleur.

Petit ou gros avion : les mêmes règles s’appliquent

Certes avec plus d’enjeux et souvent un cadre plus rigide, les règles restent cependant les mêmes. Apprendre à piloter sa petite entreprise est une très bonne école pour en piloter une plus grande, plus tard